DÉCRYPTAGE
Auteur(s) : LORENZA RICHARD
La nouvelle stratégie de la France pour le bien-être des animaux souhaite impliquer les vétérinaires en élevage.
Avec pour objectif de « placer le bien-être animal au cœur d’une activité durable », la nouvelle stratégie nationale, pilotée par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, souhaite répondre à l’attente sociétale concernant la considération de l’animal en tant qu’être sensible.
Élaborée de façon multidisciplinaire avec les acteurs du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav), cette stratégie est mise en place pour 5 ans (jusqu’à 2020). Son objectif est d’améliorer le bien-être de tous les animaux, notamment ceux d’élevage, en tenant compte des résultats de l’enquête publique Eurobarometer on Animal Welfare 2016 (encadré). De plus, elle souhaite clairement une plus grande implication des vétérinaires dans ce domaine. Le praticien peut intervenir au niveau de chacun des cinq axes autour desquels elle s’articule, même si certains lui sont plus spécifiques.
Le centre national de référence (CNR) français, dont les bases ont été posées dans la loi du 13 octobre 2014, va voir le jour, afin de coordonner les travaux de recherche, notamment sur des modes d’élevage plus respectueux du bien-être des animaux, et de les diffuser. Les vétérinaires peuvent servir de relais en veillant au respect du bien-être, en partageant les connaissances dans ce domaine ou en participant au repérage d’éleveurs “éclaireurs”, ayant des pratiques novatrices.
Ce point concerne directement les vétérinaires : l’enjeu est d’impliquer la profession dans le bien-être animal, par une formation initiale dans les écoles vétérinaires et une formation continue dans le cadre des habilitations sanitaires. L’objectif est de faire évoluer les pratiques cliniques et de mandater des praticiens pour réaliser des contrôles officiels dans les élevages. Les vétérinaires peuvent également participer à la formation aux bonnes pratiques d’élevage et à leur valorisation.
Les pratiques d’élevage, mais également de transport et d’abattage, seront progressivement modifiées pour répondre aux attentes du consommateur, tout en respectant les performances sanitaires et économiques. En élevage, les normes européennes devront être appliquées (comme l’interdiction d’isoler les palmipèdes lors du gavage, l’obligation de trouver des solutions alternatives à la castration et à la coupe de queue chez les porcs, ou à l’épointage du bec chez les volailles). De plus, l’enrichissement du milieu de vie pour satisfaire les besoins comportementaux et l’encadrement des pratiques d’abattage en élevage des animaux sans valeur économique devront être poursuivis. Le transport des animaux malades, faibles ou blessés sera évité. Enfin, la rédaction de guides de bonnes pratiques de mise à mort en abattoir est encouragée, de même que la poursuite du dialogue autour de l’abattage rituel.
La réponse à donner à la maltraitance animale doit être organisée et collective : les procureurs doivent être sensibilisés afin d’engager des poursuites permettant de soustraire les animaux à leur propriétaire, et le financement des mesures de sauvegarde de ces animaux doit être défini. Les vétérinaires sont en première ligne pour identifier un problème de maltraitance (volontaire ou par négligence, défaut de soin) ou un éleveur en difficulté.
Il convient de communiquer sur la réalité de l’élevage auprès du grand public, de s’impliquer dans un éventuel projet européen sur l’étiquetage des produits et dans l’élaboration de la loi-cadre européenne sur le bien-être animal, Welfare Law. Le ministère souhaite rappeler son implication dans ces divers projets.
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Pour en savoir plus :
- sur la stratégie : bit.ly/1TBUYqA ;
- sur l’enquête : eurogroupforanimals.org.
Merci à Delphine Pottier, praticienne à Plestan (Côtes-d’Armor), pour les renseignements transmis sur ce sujet.
RÉSULTAT DE L’ENQUÊTE EUROBAROMETER ON ANIMAL WELFARE 2016
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