BREXIT
ACTU
Auteur(s) : KARIN DE LANGE
Les instances britanniques s’engagent à défendre les intérêts de leurs confrères européens exerçant outre-Manche de l’effet dévastateur attendu avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Les possibles conséquences du Brexit pour la profession outre-Manche ont été présentées au congrès de la British Small Animal Veterinary Association (BSAVA), qui s’est déroulé du 6 au 9 avril à Birmingham, lors d’une session tenue en duo par Chris Tufnell, président du Royal College of Veterinary Surgeons (RCVS), et Gudrun Ravetz, présidente de la British Veterinary Association (BVA), pour qui « il est important que nous parlions d’une voix ; nous sommes une petite profession, mais avec un impact énorme ». « Les vétérinaires de l’Union européenne sont essentiels dans la main-d’œuvre vétérinaire au Royaume-Uni », a-t-elle rappelé. En effet, près de la moitié des vétérinaires s’inscrivant sur le registre du RCVS chaque année sont des diplômés européens non britanniques. Si une grande partie ne reste que quelques années, environ un quart (24 %) des vétérinaires au Royaume-Uni viennent d’autres pays européens, avec des secteurs plus concernés, comme les écoles vétérinaires (jusqu’à 40 % d’expatriés) ou l’hygiène alimentaire (jusqu’à 90 %, essentiellement des diplômés espagnols). Il est donc clair que le Brexit aura un impact dévastateur sur la main-d’œuvre. Les instances s’engagent à défendre les intérêts de leurs confrères européens : « Ceux qui sont déjà là, ainsi que ceux qui ont fait leurs études chez nous doivent pouvoir rester. » Une pétition dans ce sens1, facilitant l’obtention d’une carte de résident permanent, a été écourtée à cause des élections législatives.
La BVA a même lancé une campagne sur les réseaux sociaux (#teamvet) pour protéger les vétérinaires. Sa position est décrite dans son récent rapport Brexit and the veterinary profession 2, qui liste 52 recommandations dans plusieurs domaines : emploi, santé et bien-être animal, hygiène et sécurité alimentaire, médicament, recherche et développement, échanges commerciaux, Irlande du Nord. L’une des recommandations à court terme est que la profession vétérinaire soit mise sur la liste des métiers recherchés, facilitant la demande de résidence permanente. À moyen terme, il convient « de diversifier et d’encourager le rôle du vétérinaire dans la sécurité alimentaire et la santé publique ».
Pour ce qui est de la main-d’œuvre, le RCVS va plus loin. « Nous souhaitons élargir notre base d’adhérents et exporter nos normes et standards, y compris dans les pays tiers. Il s’agit d’un altruisme éclairé allié à notre propre intérêt. Ainsi, la profession médicale a créé un “pont vivant” permettant à 27 000 médecins indiens de venir travailler au Royaume-Uni. »
Cela reflète les trois principes clés de la stratégie présentée au mois de mars par le RCVS3 : le travail vétérinaire doit continuer à être fait ; les normes élevées de santé et de bien-être animal doivent être gardées et améliorées ; le RCVS doit être considéré comme une force globale au service du bien (“global force for good”).
Plus en détail, le premier point se traduit par du lobbying pour que les praticiens et les étudiants vétérinaires européens puissent rester indefinitely dans le pays, mais aussi par l’augmentation du nombre d’étudiants vétérinaires et «
en élargissant le rôle de l’auxiliaire spécialisé vétérinaire
». Le RCVS concrétiserait le deuxième principe en promouvant les normes d’accréditation européennes et internationales. « Une fois le déficit en main-d’œuvre comblé, la restriction de vétérinaires européens devrait s’orienter vers les écoles n’ayant pas obtenu d’accréditation européenne.
» Enfin, l’Ordre britannique visera à accroître le nombre d’adhérents travaillant avec les pays en voie de développement pour améliorer l’accréditation dans ces territoires. Et aussi à s’assurer que les droits des vétérinaires britanniques exerçant dans l’Union européenne seront préservés.
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1 wwwbit.ly/2pXhNK6.
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