EDITO
Auteur(s) : Tanit Halfon
74 millions d’animaux de compagnie sont détenus par nos concitoyens, selon les données récentes de la Facco1. C’est dire si l’animal de compagnie est une composante de la société française. Parmi eux, 14,9 millions de chats et 7,6 millions de chiens. Autrement dit, il y aurait un chien ou un chat dans 43 % des foyers français ; près d’un foyer sur 3 vivrait avec un chat ; et un foyer sur 5 avec un chien. C’est beaucoup. Les raisons qui poussent à adopter un animal de compagnie sont multiples. Selon un sondage Ipsos2 de 2023, les détenteurs d’un chat ou chien évoquent trois motifs principaux : le fait d’avoir grandi avec un animal, le coup de cœur et le sentiment qu’une famille n’est pas complète sans un animal. Ce résultat diffère quelque peu quand on interroge les futurs détenteurs. Arrive en tête de leur top 3 le fait de pouvoir offrir une seconde vie à un animal abandonné. Suivent le fait d’avoir grandi avec un animal et, ex aequo, le fait d’avoir perdu son animal et le sentiment de solitude. Au final, chacun a sa propre histoire et ses propres liens. Cependant tous les détenteurs partagent la même responsabilité en matière de soins, laquelle peut être sérieusement compromise par une situation financière fragile. Une précarité aggravée ces derniers temps par l'inflation. Selon une enquête Ifop3 menée en octobre 2022, 20 % des détenteurs d’un animal de compagnie, ayant constaté une hausse des prix, avaient réduit la qualité des produits ou des services pour leur animal, soins vétérinaires inclus, et 17 % l’envisageaient. 10 % avaient réduit la quantité de nourriture donnée et 9 % l’envisageaient. 7 % déclaraient avoir dû se séparer de leur animal et 7 % l’envisageaient. Que faire ? Face aux difficultés financières de certains détenteurs, les vétérinaires s’engagent depuis longtemps via des petits coups de pouce : baisses d'honoraires sur certains actes, voire gratuité, orientation vers des associations et dispensaires, ajustement des traitements et suivis… Aujourd’hui, cette solidarité peut être désormais épaulée par l’association Vétérinaires pour tous4, relancée il y a 3 ans. Avec 604 adhésions en 2023, les vétérinaires ont répondu à l’appel et continuent de le faire cette année. Mais face aux besoins croissants, encore faudra-t-il surmonter les freins financiers. Vétérinaires pour tous recherche des donateurs pour pérenniser ses actions. Gageons que les acteurs du secteur vétérinaire sauront se mobiliser.