Basse-cour
FORMATION MIXTE
Auteur(s) : Matthieu PINSON (N 14), Dr vétérinaire, résident de l’European College of Poultry Veterinarian Science, Labovet Conseil (www.labovetconseil.fr), Dr Bassecour vétérinaire (www.drbassecour.fr)
Très fréquents dans les basses-cours*, les helminthes engendrent des troubles plus ou moins sévères chez les poules et volailles. Les gallinacées comme les palmipèdes peuvent être affectés. Dans ce contexte, les traitements ont pour objectif de maintenir la pression parasitaire la plus basse possible.
Les modes de contamination
Les oiseaux se contaminent en ingérant des œufs soit directement dans le milieu extérieur (cycle direct) soit en mangeant un hôte intermédiaire infesté (cycle indirect). Il peut s’agir d’un asticot, d’une mouche, d’une fourmi, d’un escargot, d’un coléoptère, etc. Les œufs sont très résistants, excepté la sécheresse. Ils peuvent donc survivre des mois dans le milieu extérieur, ce qui rend les vers très difficiles à éradiquer d’une basse-cour. Les œufs deviennent infestants lors de conditions climatiques humides et tempérées. Une fois ingéré par l’oiseau, l’œuf est érodé dans le gésier, libérant une larve qui va alors siéger dans l’œsophage, la trachée ou la muqueuse du jabot. Une fois adulte, le ver femelle pond des milliers d’œufs qui vont ensuite être excrétés dans le milieu extérieur principalement par les fientes, perpétuant le cycle de contamination. Les 4 espèces de vers parasites les plus communes sont les nématodes (vers ronds) de type ascaris, capillaires et syngames, et les cestodes (vers plats) de type tænias. Les signes cliniques sont non spécifiques : amaigrissement et fientes molles (tous), régurgitations et difficultés à avaler (capillaires) ou difficultés respiratoires (syngames). Les heterakis sont aussi très fréquents, mais n’engendrent pas (ou rarement) de répercussion sur l’état clinique des volailles. En revanche, ils peuvent être vecteurs d’autres parasites, notamment Histomonas meleagridis, responsable de l’histomonose, maladie grave chez les dindes et pintades en particulier.
Associer règles d’hygiène et molécules chimiques
Ces différents vers sont naturellement présents dans les basses-cours et leur éradication est très difficile. L’enjeu est alors de réduire la pression parasitaire afin de minimiser les conséquences néfastes sur les volailles. Cela passe d’abord par l’application de bonnes pratiques de biosécurité. Elles ont pour but d’éliminer les œufs qui pourraient être en contact avec les volailles. Il convient donc d’éviter l’eau stagnante et de nettoyer régulièrement le poulailler pour éviter l’accumulation des déjections. La litière sale doit être évacuée dans un lieu inaccessible aux volailles. Le poulailler est un point d’attention particulier du fait de la grande concentration des fientes à proximité des points d’alimentation et d’abreuvement. Le parcours extérieur est aussi à risque, mais plus difficile à prendre en charge.
Une vermifugation est aussi à prévoir. Pour connaître le niveau d’infestation de la basse-cour, il est intéressant de réaliser un examen coproscopique à partir de fientes fraîches. À cet effet, le détenteur doit fournir au vétérinaire des fientes (intestinales et cæcales) du matin. La décision de traitement dépendra alors des œufs (type et nombre) observés à l’examen.
Les vermifuges autorisés pour les volailles sont listés dans le tableau. Le choix se portera notamment sur le conditionnement en fonction du nombre d’individus à traiter (sachant que tous les oiseaux de la basse-cour sont à traiter en même temps). Il sera aussi conditionné à l’espèce d’helminthe identifiée ainsi qu’au respect des temps d’attentes viandes et œuf. Il est important de souligner que les préparations à base de lévamisole et de pipérazine sont à proscrire sur des volailles productrices d’œufs de consommation et qu’aucune solution pour-on n’a d’AMM volaille. Ces médicaments étant soumis à ordonnance, un examen clinique et/ou une coproscopie est donc nécessaire à sa délivrance. Ensuite, comme pour beaucoup d’autres espèces, une vermifugation régulière permet de maintenir la pression parasitaire la plus basse possible. Les traitements peuvent être plus fréquents (tous les mois) en période humide et peuvent être espacés en période sèche. Pour les solutions à base de phytothérapie ou d’aromathérapie, beaucoup de produits sont disponibles, avec une grande variabilité de composition et donc d’efficacité.