Accidentologie
FORMATION MIXTE
Auteur(s) : Marine Neveux D’après la conférence de Julie Guedj, praticienne équine en Seine-et-Marne intitulée « Accident sur le terrain : comment collaborer avec les pompiers », présentée lors de la journée européenne de l’Association vétérinaire équine française (Avef), à Roissy, le 28 mars 2024.
« N’hésitez pas à composer le 18 ! », interpelle Julie Guedj lors d’urgences ou d’accident. Le pompier « local » dépêché sur place évaluera la situation pour demander si besoin un pompier spécialisé en risque animalier et un matériel adapté. Les pompiers peuvent appeler le vétérinaire pompier ou traitant. La concertation est collective. En Seine-et-Marne, 150 équipiers sont spécialisés en risque animalier (répartis en 3 niveaux). Il y a six vétérinaires. Dans une année sont effectuées 50 interventions de sauvetage de chevaux. La présence du vétérinaire équin est nécessaire dans 20 % des cas.
Les interventions fréquentes
Les équipes sont formées à des situations très variées. L’engin de levage (très lourd, très stable, avec un bras de levage assez long) et le harnais Anisecours (PMS Industrie) sont deux éléments indispensables aux interventions.
Parmi les interventions courantes : un cheval en décubitus (au box ou en pâture), une chute dans l’eau, un enlisement, une chute dans un trou. Il peut y avoir des accidents de transport, des chevaux qui divaguent et qu’il convient de rattraper, ou d’autres encore qui s’incarcèrent dans un engin agricole.
Cheval en décubitus
Dans un bâtiment, de la paille, une bâche, de l’huile de coude ou un petit engin peuvent aider à sortir un cheval en décubitus. On pose un harnais et un casque au cheval pour protéger la tête. On procède ensuite au levage. La coordination est fondamentale, il n’y aura qu’un seul pompier donneur d’ordre pour des raisons de sécurité. Sophie Guedj précise ne pas faire appel à la sédation systématiquement pour que les chevaux puissent garder un peu d’énergie pour se redresser. Quand le cheval entre en contact avec le sol, il peut avoir tendance à pédaler ce qui peut être dangereux, il est ainsi utile de rester à sa tête.
Il faut rester attentif à l’environnement pour garantir la sécurité des personnes qui interviennent. Quand le sol est très instable et le cheval excité, il faut sédater. Quand le cheval est enlisé à mi-thorax, la difficulté est de passer les sangles sous le cheval (vase, etc.).
Dans un cas d’incarcération sur un engin agricole, cela peut provoquer des plaies très délabrantes sur le cheval. Il convient le plus souvent d’avoir recours à un levage. On peut tenter de découper les parties métalliques.
Quand les chevaux tombent dans l’eau, instinctivement ils cherchent à rejoindre la rive. Ils peuvent s’obstiner à tenter de sortir par une voie impossible. Il faut évaluer la nature du fond de l’eau. On a souvent besoin de faire appel à des plongeurs. Il convient d’évaluer si le cheval est capable de nager, de bouger, de marcher. Évaluer également depuis combien de temps il est dans l’eau (fatigue et eau froide dégradent vite l’état du cheval). Il faut maintenir la tête hors de l’eau avec des frites de piscine. Quand on les sort, il faut s’assurer de la stabilité du terrain.
S’ils tombent dans une piscine, la technique la plus sûre et la plus simple est de vider la piscine, d’utiliser des ballots de paille. On peut aussi s’aider d’un engin de levage à la piscine.
Des situations exceptionnelles
Le puits est une situation particulièrement rare. Les accidents de la route ou de montagne comme les incendies nécessitent souvent une anesthésie.
Il convient aussi de s’interroger sur les raisons de l’accident. Y a-t-il une pathologie sous-jacente ? Il faut anticiper la suite.
Les interventions avec les pompiers sont possibles aussi bien dans l’espace public que privé. L’acte de sauvetage est gratuit. Les soins après le sauvetage sont en revanche facturés, mais le propriétaire peut faire appel à son vétérinaire habituel.