CHIRURGIE
Pas à pas
Auteur(s) : Léo Urlacher*, Stéphanie Claeys**
Fonctions :
*(DipECVS)
AniCura VetRef
7 rue James Watt
49070 Beaucouzé
La greffe cutanée libre permet de recouvrir une perte de peau avec un greffon prélevé sur le même animal. Elle est notamment très utile pour traiter les plaies des extrémités distales des membres.
Les plaies cutanées situées sur les membres des carnivores domestiques sont fréquentes et peuvent avoir différentes origines (traumatiques, chirurgicales, ischémiques, etc.). Dans de nombreux cas, elles ne sont pas refermables en première intention car la peau y est peu disponible et très adhérente au plan sous-cutané. Cette région est également composée de tissus peu vascularisés (tendons, os) qui rendent une cicatrisation par seconde intention longue, avec de nombreux soins parfois non réalisables sur un animal vigil. De plus, le résultat peut être décevant, à la fois d’un point de vue fonctionnel, notamment à cause d’une contraction excessive de la plaie, et d’un point de vue esthétique (peau fine, fragile et glabre). La greffe cutanée libre consiste à recouvrir un déficit cutané d’un lambeau de peau provenant d’une autre région cutanée du même animal (autogreffe). Elle apparaît comme la technique de choix pour traiter les plaies des extrémités distales des membres notamment. Différents sites donneurs peuvent être utilisés : la région thoracique latérale, la région inguinale, la région cervicale latérale et la région axillaire [3]. Le taux de succès pour ce type d’acte chirurgical (viabilité sur plus de 75 % de la surface greffée) varie entre 38 et 90 % selon les études [1, 2]. Différentes complications peuvent avoir lieu après cette procédure. La première est la nécrose, qui peut résulter d’une mauvaise préparation du greffon (persistance de tissu graisseux sous-cutané, manipulation traumatique) ou d’une mauvaise qualité du tissu de granulation au niveau du site receveur. Un défaut d’immobilisation postopératoire peut aussi entraîner des contraintes trop importantes sur le greffon et compromettre son contact avec le tissu de granulation. Des hématomes ou des séromes peuvent en outre se former, gênant la revascularisation du greffon.
Le cas illustré ici est celui d’une chienne galgo, âgée de 4 ans, présentée pour une plaie traumatique située dans la partie proximale du radius gauche. Les principales options de reconstruction dans ce contexte sont un lambeau pédiculé ou une greffe libre. Le prélèvement du greffon et sa pose ont été réalisés pendant le même temps chirurgical.
Conflit d’intérêts : Aucun