Les députés du Parlement européen appellent les dirigeants de l’Union européenne à construire une convention internationale pour interdire l’expérimentation animale pour tester les produits cosmétiques.
Adoptée à 620 voix pour, 14 voix contre et 18 abstentions, les députés du Parlement européen ont adopté le 3 mai dernier une nouvelle résolution sur l’interdiction totale et mondiale de l’expérimentation animale pour tester les produits cosmétiques d’ici 2023.
Lors du débat, les députés ont ainsi rappelé que malgré l’interdiction en vigueur depuis 2013 au sein de l'Union européenne (UE), le secteur des cosmétiques emploie environ deux millions de personnes, ce qui en fait le plus grand marché de produits cosmétiques au monde, prouvant que cette interdiction n'avait pas entravé le développement du secteur.
De plus, des doutes subsistent quant aux produits cosmétiques importés au sein de l’Union européenne, en provenance des pays tiers. En effet, environ 80% des pays dans le monde autorisent encore l’expérimentation animale et la commercialisation de cosmétiques testés sur des animaux.
Face à ces constats, les députés appellent les dirigeants des Etats-membres de l’Union européenne à construire, via leurs réseaux diplomatiques, une « coalition vaste et solide » afin de promouvoir auprès du plus grand nombre de pays l’interdiction de l’expérimentation animale pour tester les cosmétiques. Ils préconisent ainsi la mise à disposition, à moyen et long terme, de moyens de financement suffisants « pour la mise au point, la validation et l'introduction rapides de méthodes d'expérimentation permettant de se substituer pleinement à l'expérimentation animale pour les grands effets toxicologiques tels que la cancérogénicité, la toxicité pour la reproduction et la toxicité des doses répétées. »
Afin de « faciliter, promouvoir et soutenir » l’application mondiale d’une telle résolution, les députés prônent l’établissement d’une convention internationale dans le cadre des Nations-Unis.
De plus, les députés ont demandé à la Commission d’exclure tous les cosmétiques testés sur des animaux « du champ d’application de tous les accords de libre-échange, qu’ils soient déjà en vigueur ou en cours de négociation. »
Pour rappel, dans l’Union européenne, l’interdiction de l’expérimentation animale pour les produits cosmétiques finis est entrée en vigueur depuis 2004, et celle concernant les tests des différents composants des produits cosmétiques depuis 2009. Une dérogation ayant été rendue possible jusqu’en 2013 pour les études de toxicité à long terme et les effets plus complexes sur la santé humaine (études de la toxicité à doses répétées, de la toxicité sur la reproduction, etc.).
Pour plus d’informations, cliquez sur ce lien.
Alerter la rédaction sur une réaction